Notre
approche du projet est physique,
nous habitons les quartiers de ville dans lesquels nous intervenons,
nous interrogeons de nos regards les éléments urbains,
nous donnons corps à « un déjà là
», à une forme qui entre en interaction avec les autres.
Notre nom, Metek, est la traduction littérale de cette démarche.
En effet, Metek vient du grec meta : parmi,
et oikos : les maisons, et « métèque
» signifie « étranger domicilié dans une
ville ». C’est cette dualité qui nous interesse
: avoir la curiosité et la distanciation critique de «
l’étranger » tout en ayant la connaissance intime
des lieux de celui qui y habite. Notre volonté est de produire
des objets inhabituels, différents mais parce qu’ils
prennent en compte le contexte existant deviennent évidents.
Notre
objectif est de créer des espaces ou les cinq sens sont en
éveil.
Pour nous l’architecture est porteuse d’émotions.
A chaque élément du programme est associée
un son, une impression, un désir ou une envie. Les différents
espaces d’un bâtiment ne sont pas interchangeables car
chacun d’entre eux est clairement identifié. Chaque
fonction est interprétée et associée à
des perceptions. Par exemple, un de nos clients a associé
à la fonction « se doucher » la notion d’intimité,
de chute d’eau, de rapprochement avec la nature et de promontoire.
Le programme idéal est celui qui comporterait déjà
l’identité de chacun des espaces : espace dilaté,
espace lumineux, espace étouffant, espace rassurant, espace
sacré, espace vulgaire…
Pour
nous la tangibilité de la construction est au service de
l’espace.
Nous qualifions l’espace par la structure, la matière,
le volume, la lumière. Notre écriture architecturale
reflète notre affinité plastique avec les expressionnistes
: les contrastes entre le blanc et le noir sont accentués,
les espaces sont composés de différents plans, les
murs ont une épaisseur, la structure est mise en exergue.
La
complexité des espaces que nous créons est révélée
par le mouvement du visiteur :
les espaces ne sont pas unitaires ni immédiats. Travailler
la représentation de ces espaces devient un défi :
comment traduire en images la dynamique du mouvement, le changement
de la lumière, la multiplicité des points de vue ?
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